29 octobre : Un défi réussi et beaucoup de chance

Le réveil arrive en même temps que le stress, avec une nuit malheureusement moins réparatrice que la précédente, pour un matelas toujours aussi confortable. Je n'ai pas beaucoup parlé des déjeuners jusqu'ici, cher lecteur, mais ils sont d'assez bonne qualité. Du moins, on y trouve plusieurs trucs qui satisfont mon palais Nord américain, ainsi que des mets un peu plus locaux, comme des petites pochettes de viandes ou des salades de fruits en sauces particulières. Il faut savoir que les premiers jours, l'eau du robinet et les fruits n'étaient pas les premières choses à consommer sur ma liste, considérant ma fragilité d'estomac et les risques que peut comporter ce type de nourriture à l'étranger. Après avoir observé sagement mes camarades et les autres joueurs, j'en ai conclu que ce matin, je pouvais me payer le bol de fraises et les jus frais pressés, qui se sont avérés délicieux.

Un petit brossage de dents plus tard, nous étions dans l'autobus en direction de la même université que la journée précédente. Puisque nous sommes partis plus tôt, l'heure de pointe nous joue des tours et le trajet prend une bonne demi-heure, peut-être davantage. On arrive à l'université par une entrée différente, puis on fait notre chemin vers notre table, prêts à affronter la journée. Je prie encore pour un défi d'application mobile, alors que Tom s'efforce d'installer un drapeau de l'équipe canadienne en face du climatiseur qui nous surplombe, histoire d'éviter de geler sur place pendant la compétition (le contraste est assez grand, il fait 32 degrés celcius dehors). Peu avant 10h, heure de départ prévu de l'événement, on nous annonce qu'il sera décalé de 30 minutes, parce que le courant électrique a arrêté de fonctionner, cette fois pour l'équipe des États-Unis. Bon, à ce stade, on commence à être habitués, donc tout le monde se met à applaudir et conserve son stress pour la demi heure suivante. C'est dommage, car quelques minutes avant le départ, les gens se mettent généralement à entrer dans une zone de focus... Mais c'est la vie. 

La compétition commence finalement à 10h30, avec une fin nouvellement prévue à 18h30. Bon, c'est difficile de résumer clairement une compétition informatique de 8 heures de long, aussi me limiterai-je aux événements marquants. D'abord, mon premier défi (infonuagique) rencontre un mur après 2 à 3 heures de travail, et je décide donc de changer vers un autre défi d'infonuagique. Malheureusement, aucun défi d'application mobile, donc c'est ce qu'on m'a assigné. J'ai dû consulter pas mal de documentation en ligne pour progresser, mais le défi était très cool et plutôt original, à mon avis (on apprendra plus tard que plusieurs des défis de la compétition ont été réutilisés d'une autre compétition avec de petits changements mineurs). Après quelques heures (un peu plus de 2 je crois), j'arrive finalement à la solution tant espéré. Quel bonheur d'avoir pu contribuer, même si le reste de la journée n'a rien apporté d'autre de mon côté en terme de solution. Cela dit, ça reste un mix de chance et de compétences : tomber sur un défi pour lequel on a un minimum de connaissances est très aidant dans notre chance de le réussir, je pense.

Un bref mot sur le dîner, arrivé relativement tard: il faut savoir que nous avions pris le temps de commander de la nourriture lundi, cela pour les dîners de mardi et de mercredi. Visiblement, les organisateurs ont pris trop de temps à transmettre cette commande au fournisseur, donc le concept a été annulé, cher lecteur. En échange, on nous a apporté des pizza faites avec des tranches de fromage, ainsi que quelques hamburgers qui mélangeait malheureusement fromage fondu et mayonnaise, de manière très rapprochée. Si je le sais, c'est parce que j'y ai goûté. Au fil de l'après-midi, de la nourriture supplémentaire arrivait au compte-goutte, alors que la motivation de manger s'estompait pour faire place au focus nécessaire à la compétition. J'ai passé mon après-midi à alterner entre le premier défi que j'avais commencé en matinée, et quelques défis de rétroingénierie que je regardais surtout dans l'espoir d'y voir quelque chose d'évident, ou encore une manière rapide d'aider les autres dans leur progression. Il faut dire que c'est souvent mon rôle dans un CTF en équipe: je connais pas mal de bases, donc même si je ne suis pas celui qui ira jusqu'au bout de l'exploitation (cher lecteur non technique: celui qui ira jusqu'au bout du défi), je peux parfois donner des pointeurs (cher lecteur technique, see what I did there :eyes:) aux gens pour les débloquer dans leur défi. Malheureusement, rien de tout cela ne se produit. Au total, à ma connaissance, nous aurons résolu 7 des 33 défis disponibles, et la meilleure équipe devait être autour d'une quinzaine de défis réussis. À un certain point, j'ai prié à voix haute pour du redbull, et quelques minutes après, une caisse énorme de 24 redbulls au moins apparaissait sur notre table. Crime, c'est peut-être le moment de devenir religieux! On a même eu droit à une répétition très brève de l'alarme de feu de la veille, mais tellement courte que personne n'est vraiment sorti du bâtiment.
La compétition s'arrête, les gens applaudissent, on remballe nos choses et on retourne vers les autobus, qui arrivent au moment où on rejoint leur stationnement. J'apprends entre-temps que la solution à mon défi infonuagique en était une que j'avais essayée : je suis encore à ce stade en total déni par rapport à cette information, cher lecteur, et il apparaît que je ne suis pas le seul...

À l'hôtel, on se dépêche à déposer nos sacs pour retourner dans un restaurant, histoire de faire vite pour garder du temps pour la rencontre de préparation à la compétition de demain. Au moins, cette fois, on sélectionne un restaurant bien meilleur que le précédent. La compagnie est bonne, je suis avec Andrew, Micah, Christophe, Lauren, Malcolm et Dmitriy. Je m'amuse à expliquer le menu en espagnol à mes compagnons, puisse je choisis un mélange de tartare de pieuvre et de saumon, qui s'est avéré bon mais particulier, car servi sur une tranche de pain des plus normales.
On jase avec Dmitriy, un des organisateurs, de suggestions pour améliorer l'événement dans les années à venir, puis on parle des différents clubs universitaires représentés par les personnes à table. Heureusement, le souper se termine plus vite que la veille, et on reprend à pied la direction de l'hôtel, à quelques minutes de là. Cher lecteur, bien que certains camarades aient voulu veiller davantage, le papi que je suis avait plusieurs grosses journées dans le corps, et a préféré aller se coucher. Christophe me suit, aussi nous retrouvons nous vers 23h dans notre chambre à se préparer pour le dodo, malgré une confusion concernant un éventuel meeting de préparation à avoir en soirée, qui a finalement été annulé - il aurait lieu le lendemain matin, très tôt. Je conclus cette journée avec le sentiment du devoir accompli, ayant été parmi les quelques personnes présentes à réussir un défi, bien qu'il se soit avéré que ce défi ait été réussi par 5 équipes sur 7, ce qui tend à indiquer que ce n'était pas un des plus difficiles de la journée - des points, ça reste des points! Bonne nuit!

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